Dans un coin de pinède ou à l’orée d’un bois, nous souhaitons placer ou plutôt déplacer cette installation dans un lieu plus propice à la découverte qu’au spectacle. Un endroit où il n’est pas si simple de parvenir et ou les plus beaux apparats ne portent plus les lumières de la ville .
De cette prise de parole, il ne reste qu’une parole prise, enregistrée, qui se déploie ou se rembobine en fonction des associations d’idées.
« Est-ce qu’un cri de lapin qui se perd dans la nuit peut encore effrayer une carotte ? » contient une question récurrente : qui parle?
Si elle embrasse les différents énonciateurs (comédien, auteur, personnages), l’affrontement de voix intérieures sous-tendu par la construction monologique de « Est-ce qu’un cri… » exacerbe l’aspect rhizomatique des différents niveaux de la parole.
Cette installation est envisagée comme un lieu transitoire, « coincé entre ma vie et ma parole », entre l’avant et l’après. Nous avons choisi de pousser au bout la proposition par la dissolution physique de l’émetteur (comédien) et la prise en charge de sa parole par un ordinateur, enregistreur du réel, distributeur de l’histoire.
